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Oléiculture: L’huile d’olive peu valorisée à l’export

10 déc. 2019 L'Economiste

La filière oléicole accroche. Sur les trois dernières années, pas moins de 140.000 ha ont été plantés. Et la stratégie agricole, qui tire à sa fin, table sur 1,2 million d’ha pour une production d’olive de 2,5 millions de tonnes. Les dernières données du ministère de l’Agriculture ne renseignent pas sur l’exactitude des superficies plantées à ce jour. Toutefois, elles indiquent que l’olivier constitue la principale sole arboricole du pays: 65% du verger.

Quoi qu’il en soit, l’engouement manifesté vis-à-vis de la culture gagne du terrain. Tant l’olivier constitue la meilleure alternative aux cultures vivrières en zones montagneuses. Sauf que la valorisation n’a pas encore pris sa vitesse de croisière. Certes, des emballages attrayants ne cessent de se développer et font aujourd’hui la force de vente sur les rayons des magasins de grande surface mais les prix réalisés à l’export s’avèrent trop bas  par rapport à la concurrence. (Voir infographie ci-dessus).

Le contrat-programme signé entre le gouvernement et l’interprofession  qui regroupe toutes les activités depuis l’agriculteur jusqu’à l’industriel, explique  l’intérêt grandissant que suscite l’olivier. L’ambition est de porter la superficie plantée  à 1,22 million d’ha pour atteindre une production de 2,5 millions de tonnes.

L’objectif   est de porter l’export en 2020 à 120.000 tonnes d’huile d’olive et à 150.000 tonnes  pour les olives de table. Or le Maroc n’a exporté en 2018-2019 qu’environ 34.000 tonnes d’huile d’olive et la moitié du volume ciblé en ce qui concerne les olives de table: 77.465.

Selon les chiffres du ministère de l’Agriculture, la production se répartit à hauteur de 25% pour les conserveries, 65% pour la trituration (moderne et artisanale) et 10% pour l’autoconsommation et les pertes dues aux moyens de cueillette, de stockage et de transport.

Et pour ce qui est de l’huile d’olive, 75% des quantités produites vont au marché local, même si le Marocain ne consomme encore que 2 kg par an et par personne (contre 6 kg pour les Tunisiens, 10 pour les Espagnols, 11 pour les Italiens et 24 kg pour les Grecs).

Il n’empêche que la filière constitue par ailleurs une source importante d’emplois avec 51 millions journées de travail par an, soit l’équivalent de 380.000 postes permanents. Elle couvre également près de 19% des besoins de la population et assure des recettes à l’export de l’ordre de 1,8 milliard de DH dont les 2/3 par les olives de table (moyenne 2013-2017).

Par ailleurs, le contrat-programme pour le développement des industries agroalimentaires, signé en avril 2017, consacre l’engagement de l’Etat d’accorder des aides à l’exportation d’huile d’olive et aux olives de table sur la période 2017-2021. Histoire de renforcer la compétitivité de la filière face à la concurrence. Pour rappel, l’huile d’olive espagnole bénéficie de 1 euro/kg pour les exportations hors UE. Idem pour la Grèce alors que la Tunisie octroie l’équivalent de 5 DH/kg à ses exportateurs.

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