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La santé cherche des financements

13 déc. 2019 L'Economiste

Avec un budget qui n’atteint pas la moyenne mondiale (5,8% contre 10% du PIB), la santé publique au Maroc doit trouver de nouveaux mécanismes de financement. «Le financement de la santé sera challengé», a d’emblée prévenu Noureddine Afouaiz, PDG de GSK Maroc, lors de la conférence-débat organisée par la Chambre de commerce britannique pour le Maroc, le mardi 10 décembre, sur les progrès et défis du financement de la santé.

Selon Afouaiz: «les dépenses sanitaires vont augmenter. C’est une tendance mondiale, notamment dans les pays émergents et la question de l’accès à l’innovation reste posée, mais des opportunités sont à saisir». Parmi elles, les partenariats publics privés (PPP). Une piste qu’Abdelouahab Belmadani, directeur de la Planification et des ressources financières au ministère de la Santé, a émise. S’y ajoute le Fonds d’appui à la cohésion sociale.

Institué en 2013, ce fonds est financé à travers des contributions et taxes innovantes: la contribution sociale de solidarité, la taxe intérieure de consommation sur les cigarettes, celle sur les contrats d’assurance, les restitutions des subventions allouées au sucre ou encore les taxes aériennes. La refonte du système de financement de la santé passe également par la révision et la maîtrise du panier de soins, entre assurés du secteur public, privé et «Ramedistes».

Mais également la mobilisation de financements innovants, mutualistes et solidaires ou encore le renforcement de la gouvernance du système dans son ensemble. «Ces pistes sont importantes pour améliorer le financement de la santé et permettront de pallier les insuffisances liées à l’offre de soins et d’accompagner la généralisation de la couverture sanitaire universelle», soutient Abdelouahab Belmadani. Si le gouvernement a opéré une réduction sur les prix de plus de 4.000 médicaments et que le taux de couverture médicale est passé de 16 à 64% entre 2002 et 2019, les défis restent encore nombreux.

Un tiers de la population ne bénéficie d’aucune couverture au risque maladie. Il s’agit essentiellement des travailleurs non salariés. Par ailleurs, la dépense de santé pèse sur les ménages, environ 50% des paiements directs. La quote-part investie par l’Etat est autour de 25%. Les 25% restants sont assurés par le système d’assurance et complémentaires.

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